Instagram

mardi 28 juin 2016

Interview avec Clélie Avit

Dans la série de nos portraits de personnalités inspirantes nous avons aujourd'hui la chance de réaliser l'interview de l'auteur Clélie Avit.
Interview www.bienetreaufeminin.com
©Thierry Rateau
Né en en 1986, Clélie a obtenu en 2015 le prix Nouveau Talent de la fondation Bouygues pour son roman "Je suis là" aux éditions JC Lattès. À l'origine professeur de physique-chimie, passionnée de montagne, elle a obtenu la reconnaissance internationale avec ce premier roman et se consacre maintenant à l'écriture et à formation à la danse contemporaine. Une jeune femme multi-facettes, multi-talents, déterminée : une femme comme on les aime chez Bienetreaufeminin.com

  • Clélie merci d'avoir accepté notre invitation ; le succès de votre roman "Je suis là" à sans doute bouleversé votre vie. Quel est l'évènement, le déclic ou bien la personne qui vous a incité à postuler au concours Nouveau Talents ?

Le Prix Nouveau Talent a été le fruit d’une recherche intensive sur internet ! À vrai dire, j’avais déjà écrit un roman avant Je suis là, le premier tome d’une série : Les Messagers des Vents. Ne trouvant pas preneur chez les éditeurs, j’ai choisi de me « faire connaître » avant et de tester mes capacités en tant qu’auteur. Quoi de mieux qu’un appel à textes ? Et surtout, quoi de mieux qu’un concours aussi important que celui des Nouveaux Talents ? Le lauréat voyait son roman édité aux éditions JC Lattès, une maison d’édition prestigieuse en France. C’était le moment où jamais. J’avais trois mois pour écrire, je m’y suis mise aussitôt.



  • Sans dévoiler la belle (et originale) intrigue de ce roman, nous pouvons toutefois dévoiler que la montagne y tient une place prépondérante, s'agit il d'une de vos passions ?

La montagne est effectivement un milieu qui me tient particulièrement à cœur. Je suis passionnée des sports de montagne que l’on peut pratiquer sans (trop) de danger : randonnée, ski, mais aussi alpinisme et escalade. La montagne doit être respectée parce qu’elle reste plus forte que les humains. Il faut savoir quand la quitter. C’est peut-être la preuve la plus importante d’un amoureux de la montagne : être capable de lui dire au revoir malgré tout l’amour que l’on éprouve pour elle !


  • Lors de l'écriture du roman qui raconte l'improbable rencontre de deux êtres dont l'un est dans le coma, vous avez sans doute dû réaliser des recherches. Avez-vous visité des centres hospitaliers ou rencontré des personnes ayant eu une expérience de coma ?

J’ai malheureusement eu bien trop peu de temps pour me renseigner réellement sur les conditions du coma. Trois mois pour écrire un roman, sachant que j’avais des vacances au milieu… Je me suis basée sur mes connaissances. Un membre de ma famille avait été en coma artificiel quelques années plus tôt. Je savais donc à quoi ressemblait le « bazar de fils » que je mentionne dans mon livre. Je savais que les personnes dans le coma pouvaient entendre. Et finalement, je trouvais que c’était suffisant. L’objectif de Je suis là n’était pas d’écrire un roman médical. Je souhaitais surtout un roman d’émotions et, de ce côté-là, j’avais déjà beaucoup de bagages !


  • Vos aspirations littéraires vous portent également vers le domaine de la Fantasy. Pourriez-vous nous dire un mot sur le cycle "Les messagers des vents" que vous avez initié ?

Clélie AvitLes Messagers des Vents raconte l’histoire d’Ériana, une jeune femme avec de nombreuses particularités comme un pendentif spécial et des reflets bleus dans les cheveux.
Ériana est pourchassée pour ces différences sans savoir qu’il y en a une encore plus importante : elle serait capable de manipuler l’énergie de l’air ! Pendant sa fuite, elle croise le chemin de Setrian, un jeune messager des Vents qui va l’instruire sur ses capacités et lui faire découvrir une contrée dont elle ignorait tout : la Friyie, dont elle serait apparemment originaire. Sauf que cette rencontre est loin d’être fortuite ! La Friyie est menacée par une prophétie et seule une femme, parmi dix sélectionnées, pourrait éventuellement la sauver. Ériana fait partie des dix. Les prophètes la désignent même parmi les trois dernières prétendantes. Mais ce que tout la communauté des Vents ignore, c’est que les prophètes sont loin d’avoir correctement interprété les textes.
Commence alors une aventure mêlant énergie, pouvoirs et enjeux politiques. Ériana part à la rencontre d’autres communautés, en compagnie de Setrian et d’autres amis.

Les révélations sont au rendez-vous et l’action également !


  • Pourriez-vous nous citer un poème, un livre, une musique et un film qui vous ont inspirée lorsque vous étiez adolescente ?

Un poème… Je suis peu poésie, malheureusement. J’aurais plutôt tendance à citer quelques extraits de Shakespeare, mais cela rejoint davantage le théâtre. Des livres, j’aimerais en citer des centaines ! Mais je suis de la génération Harry Potter et je dois énormément à cette série qui m’a captivée durant mon adolescence. À ce moment-là, j’écoutais peu de musique, j’étais en internat et c’était délicat ! Mais si vous considérez que 18 ans est encore « adolescent » alors je dirais « Fix you » de Coldpay. Quant à un film, si je vise dans l’autre rivage de mon adolescence, vers mes 12 ans, sachez que j’avais une passion particulière pour « Le 5ème élément » et « Contact », tous deux finalement dans la science-fiction. Avec le recul, je réalise que j’étais déjà une enfant portée sur l’imaginaire !


  • Que pensez-vous des adaptations en films des œuvres comme Hunger Games, Divergente, Harry Potter ? Rendent elles hommage aux ouvrages dont elles sont inspirées ? Selon vous votre ouvrage "Je suis là" est-il adaptable en format TV ou cinéma ?


Je pourrais discuter des heures de ces adaptations ! Certaines m’ont plu, d’autres moins et pour des raisons très variées ! Depuis que je suis écrivain, je décortique bien davantage ces raisons et j’ai par exemple pu dire que les Hunger Games étaient absolument fabuleux ! C’est peut-être l’adaptation que j’ai le plus préféré. Après, ces adaptations sont ce qu’elles sont : des adaptations. Un réalisateur est un nouveau lecteur qui sait comment faire passer un texte à l’écran. Lui seul sait s’il est nécessaire de changer ou d’altérer un passage. Chacun son métier, finalement ! Pour Je suis là, je dois avouer que je suis curieuse. J’aimerais beaucoup que mon roman soit adapté et, vu l’inertie totale d’un des héros, je me demande bien comment le réalisateur s’y prendrait. Ce serait un beau défi auquel je serais honorée d’assister. Je pars du principe que tout est réalisable, alors cela serait sûrement une belle adaptation !


  • Pourriez-vous partager avec nous votre devise ou la citation à laquelle vous vous referez souvent ?

J’en ai plusieurs, plus ou moins longues, alors je vais trancher sur deux choses : une citation et une devise personnelle (vous verrez, elle est très courte !) La citation est extraite du 5ème volume de Harry Potter (Harry Potter et l’ordre du Phénix) : « Ce sont nos choix qui font ce que nous sommes, bien plus que nos capacités. » Quant à ma devise, elle est simple et ultra courte, mais elle résume l’essentiel : « Vivre ! »


  • Lorsque vous écrivez, connaissez-vous déjà l'intégralité de la trame de votre histoire ou les personnages parviennent ils quelquefois à prendre le dessus sur le narrateur pour définir une vie et des actes qui leurs soient propres ?

Jolie question ^^ Donc, voici la vérité… Les personnages prennent TOUT LE TEMPS le dessus sur moi ! C’est ainsi que je fonctionne. Ce sont leurs réactions qui font le livre, l’histoire, la trame. Je les regarde évoluer sous mes yeux au point de m’exclamer parfois « Oh, mais il se passe ça ? » Je découvre le livre comme un lecteur alors que je l’écris, c’est une expérience absolument fabuleuse !


  • Quel est pour vous le plus bel incipit de roman en langue française ?

En langue française ? Je suis une traitresse, je lis essentiellement des romans étrangers, et en VO, en plus ! Mais je suis navrée, aucun ne m’a marquée au point d’avoir retenu les premiers mots d’un roman. J’ai en revanche des souvenirs fabuleux de moments en cours de lecture.


  • Accepteriez-vous de partager avec nous votre méthode anti-stress pour lutter contre l'angoisse de la page blanche ?

Ah ah ! Cette page blanche, elle intrigue tout le monde ! Pour ma part, j’ai une façon très simple de gérer la situation avec elle : si je suis en proie au syndrome de la page blanche, c’est que ce que je compte écrire ne me plait pas, en réalité ! Le message est donc « passe à autre chose et l’inspiration viendra ! »

  • Quels sont les pages Facebook ou sites web qui vous inspirent ? 

Vous me prenez vraiment au dépourvu car je ne saurais comment répondre. Mes inspirations, qu’elles concernent mes livres ou autre chose, viennent en général de ce que je vis au jour le jour, de ce que mon entourage m’apporte.
En revanche, des pages Facebook que je peux apprécier pour les références en lecture qu’elle peuvent me donner sont celles de bloggueuses comme Nine Gorman et Émilie Bulledop. J’ai aussi une petite passion pour la couture qui m’envoie parfois sur la page de « The Storybook of Dreams & Beauty » et son album « 1950’s style dresses » que l’on peut résumer par une collection de somptueuses robes des années 50.


  • Continuez-vous les cours de danse contemporaine ? Pourriez-vous nous dire un mot sur cette autre passion ?

Je continue toujours la danse contemporaine, en tant que professeur, désormais. Il y a une liberté d’expression et une créativité sans limites, dans cette discipline. Nous sommes moins figés par des pas et moins contraints par des enchaînements que dans d’autres disciplines. C’est une autre façon d’écrire, finalement. On écrit avec son corps grâce au mouvement, plutôt que d’écrire avec un stylo à grand renfort d’encre.


Cette passion, qui a commencé toute petite, est aujourd’hui ce qui me permet de respirer entre deux chapitres. Je me donne entièrement, comme pour tout, d’ailleurs. C’est la meilleure thérapie au monde ! Pendant mes cours, je ne pense qu’à mes élèves, il n’y a pas la moindre place pour le reste. Une déconnexion idéale et merveilleuse. Le plus fantastique est de voir les élèves créer par eux-mêmes en sachant qu’on leur a donné tous les outils. Ce sont de beaux cadeaux. Comme les lecteurs qui reviennent vers un auteur avec leurs commentaires et leurs questions.

Clélie Avit interview
©Thierry Rateau


merci beaucoup Clélie pour votre gentillesse, votre sincérité et ces instants partagés avec nous
Print Friendly and PDF